Interview de Sophie pour le Critérium international longue distance

  • Le 02/12/2012

16 km à la barre d’une M4+à Lorient le 7 octobre 2012 (Sophie Lasgi)

Dimanche 8h30 : Découverte de l’état de la mer et de la météo. Et la bonne surprise !!! Par apport
à la veille la mer et les vagues sont beaucoup moins formées. Aujourd’hui c’est plus une grande
houle, que des vagues qui vous balloteraient dans tous les sens, comme dans une machine à laver.

9h00 : Lors du briefing, la réunion qui décrit le parcours et donne diverses informations comme entre
autre les caps, les points longitude / latitude pour les GPS , les repères à terre pour avoir un points
fixe , comme viser la pointe Ouest de l’ile de Groix qui parait toute proche, un phare, ou une balise.
J’apprends aussi que la marée est descendante et que les ¾ du parcours se feront vent de travers.
Attention donc à la dérive du bateau !!!!

9h30 : Echauffement pour les rameurs, pour moi c’est la pesée du barreur (poids mini 55kg) , mise
à l’eau. Un pouet long sonne le départ de la vingtaine de 4 barrées venues de toute la France. Il y a
même une délégation venue de Russie. Et c’est parti pour 16 km ! ! ! ! .

Françoise, Monique, Philippe, J.P s’élancent tous ensemble, bien synchronisé dans le geste, précis
et fluide, endurant. Tout est dans la technique. Si la condition physique des rameurs est primordiale
voire indispensable, le rôle du barreur est lui aussi prépondérant durant la course.

Le 1er bord fait 6km. Je ne vois pas la bouée de virement que je sais être de couleur orange, mais
je tiens mon cap au 244°. Quand je suis sur le haut de la vague j’aperçois la pointe Ouest de Groix
dans la brume, je vois aussi les autres concurrents certain tous prés, d’autre plus au large sur ma

gauche. Dans le creux de la vague on se sent bien seul dans l’immensité de l’Océan. Et la devant moi
soudain la bouée...Yes !! J’ai mené ma 4 barrée mixte droit dessus en contrant le vent de travers,
et la marée descendante. Virement de bouée stratégique au bord à bord pelles dans pelles avec 2
autres yoles. Je vire en 2éme position. Nouveau bord de 3km au 346°.Changements de conditions
de mer maintenant on se retrouve face au vent et contre la marée descendante ... Dur dur pour
les rameurs qui commencent à fatiguer. Je donne de la voie « J.P pas trop mouillé ? » . « Philippe
continu comme ça c’est bien ». « Monique toujours là ? ». « Françoise ca vas ? ». Il est important
de réveiller les rameurs de les appeler par leur prénom de temps à autre, car durant l’effort le
mouvement de l’aviron étant répétitif une sorte de somnolence mécanique se fait et la puissance est
moins exprimée. 3éme bouée cap au 104°retour vers Lorient route presque parallèle au 1 er bord. La
houle quand elle est favorable permet de beaux surf mais c’est une technique de rame qu’il faut bien
maitriser. Un dilemme se présente à moi. La houle et ses surfs sans la technique avec des rameurs
qui accusent une réelle fatigue ?? Ou la ligne droite ? Je choisi cette option. Je doute quand plusieurs
bateaux proches de nous se déroutent pour bien prendre les vagues. Je persiste sur la ligne droite.
Et là nouvelles satisfactions pour moi. Les bateaux qui se sont un peu trop dérouté pour prendre la
vague doivent remonter beaucoup pour reprendre leur cap. Nous prenons donc ainsi 2 à 3 places
d’avance.

L’arrivée se fait dans la recherche de ses dernières forces. Surtout que les rameurs sont motivés car
nous sommes à une longueur d’un bateau de Plougonvelin. Nouveau petit chalenge raccourcir la
distance entre eux et nous « J.P, Philippe, Monique, Françoise …allez on donne tout. L’arrivée dans
500métres. On ne lâche rien. » Pouet !

16km en 1:32:54 15éme sur 20. On l’a fait …Yes !